KARATE-DO
Gichin FUNAKOSHI
Le karaté est un art martial japonais d'autodéfense à
main nue dont le berceau originel est l'île d'Okinawa. Sa genèse reste
toutefois largement hypothétique car le Japon a connu l'écriture très
tardivement et la tradition orale s'est prolongée, dans certains
domaines, jusqu'à une époque récente.
Ajoutons qu'à Okinawa, compte tenu d'une histoire particulièrement
mouvementée et de la rivalité entre les différentes écoles, les
entraînements se sont toujours déroulés dans
le plus grand secret et que la bataille d'Okinawa en 1945 a eu pour
conséquence la destruction presque totale des archives de l'île.
C'est pourquoi les documents sur les arts martiaux japonais, le karaté
d'Okinawa en particulier, sont rarissimes et les historiques, que chacun
recopie sur le voisin, largement sujets à caution.
Gichin Funakoshi, descendant d'une lignée de bushi
(guerriers nobles d'Okinawa) et souvent qualifié de père du karaté moderne,
est né le 10 novembre 1868 à Shuri et décédé le 26 avril 1957.
Les premiers écrits sur le karate-do, en 1922, lui sont dus.
À cette époque, Funakoshi signait ses poèmes du pseudonyme « Shoto »
(le vent dans les pins). Le dojo qu'il ouvrit au Honshu
(la princiopale île du Japon) après avoir
quitté Okinawa fut baptisé « Shotokan » (la maison de Shoto).
Ce nom est resté pour désigner le style (ryu) de karaté enseigné par Gichin Funakoshi.
Les principaux autres styles historiques sont le Goju-ryu, le Shito-ryu, le
Uechi-ryu et le Wado-ryu, mais aujourd'hui leur nombre est devenu pléthorique.
Le Shotokan-ryu, sans exclure les apports intéressants des autres styles,
et le goshin budo élaboré par Soke Shogo Kuniba (1935-1992)
constituent la base de l'enseignement du Goshin Budokai
pour sa forme technique. C'est à Patrick Tamburini (1949-1996), dont la
haute compétence et l'ouverture d'esprit furent unanimement saluées,
que nous devons cet ensemble martial qui transcende tous les styles.
Néanmoins, notre pratique actuelle, malgré les apports indéniables des
maîtres précédemment cités, s'inspire plutôt de Sokon Matsumura (1797-1889)
dont la maîtrise martiale et les qualités spirituelles
n'ont jamais été égalées.
Si
« KARA-TE » veut dire « main vide »,
« DO »
signifie « voie ».
Voie vers l'expertise technique et la maîtrise de l'esprit qui la
conditionne ; ensemble qui conduit naturellement à
l'épanouissement, au bonheur, au nirvana diraient les bouddhistes.
L'humanité, depuis son origine a toujours
été en quête du bonheur et c'est un des éléments qui la différencient
du monde animal. Le terme « DO », que l'on
retrouve accouplé à de nombreuses activités japonaises, est la version
zen de cette universelle recherche du bonheur.
Proposons
une définition du bonheur : le bonheur, c'est l'harmonie ; c'est-à-dire
l'absence de conflit. Avec les autres mais surtout avec soi-même.
Gichin
FUNAKOSHI affirmait : « Le karaté est fait pour ne pas
servir ». « Combattre est déjà une défaite » disait tel
autre maître. Tous sont unanimes ; même si le karaté peut permettre
de résoudre « techniquement » un conflit, la véritable
maîtrise s'observe dans la capacité à éviter le conflit.
En
fait, la perfection technique doit nous conduire à la sérénité, voire
l'ataraxie,
donc à la disparition de toute inquiétude, peur ou angoisse, sources de
l'agressivité et des réactions impulsives.
Le karaté est une méthode de combat ; le karate-do est une
recherche d'épanouissement dont le support est la technique du
karaté.
Au
Goshin Budokai, nous savons que la technique n'est qu'un véhicule vers
le bonheur,
mais la négliger serait une erreur. C'est dans l'effort d'un incessant
et dur travail de maîtrise technique que l'esprit
s'élève.
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