AUX DÉBUTANTS
Certains clubs d'arts martiaux prétendent chouchouter leurs novices : cours
spéciaux, pas de confrontation avec les gradés, exercices simplifiés à l'extrême, etc.
Nous avons, nous aussi, tenté ce
type d'expérience et nous avons abandonné la formule. En fait, la progression est bien
meilleure quand on associe les
différents niveaux.
De nombreux exercices se déroulent deux par deux. Or, quand deux ceintures
blanches (c'est la couleur de la ceinture des débutants) s'entraînent ensemble, l'enrichissement
mutuel est faible. Certes,
le professeur est là ; mais dans un cours où novices et anciens sont mélangés, chaque gradé
devient un instructeur pour
celui qui débute. De la sorte le débutant voit son travail corrigé en permanence.
Il est vrai que, d'instinct, les débutants, comme les plus gradés, ont tendance
à rester ensemble. Aussi, je demande régulièrement aux gradés de travailler avec les nouveaux
adhérents. Mais n'attendez
pas qu'ils viennent vers vous ; sollicitez spontanément leur précieuse aide. Ils ne vous la
refuseront certainement pas car
ils sont tous sympathiques et généreux. D'ailleurs, aujourd'hui, la plupart le font spontanément.
D'autre part, lors des entraînements en
kihon (exercices fondamentaux), il est
plus agréable d'avoir devant soi un gradé sur lequel on peut copier le geste à exécuter.
Certes, s'intégrer dans un cours constitue une épreuve qui n'est pas anodine :
difficulté d'assimiler des enchaînements de gestes, pratiques à l'aspect ésotérique, ambiance
parfois impressionnante
surtout au moment où retentit le kiai, etc. Mais le karaté est par définition l'art de surmonter
des épreuves ; se
soustraire à celle-ci, c'est quasiment refuser de s'engager sur la voie du karaté
(karate-do).
Que l'on se rassure toutefois ; dans cette escalade vers les sommets de l'art
martial, le débutant ne grimpera pas en solo. Le premier de cordée (le professeur ou un gradé)
l'assurera d'une main ferme
et amicale.
Jacques SERISIER
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